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Droits des passagers SHY expliqués : pourquoi les vols liés à la Turquie sont souvent mal qualifiés
Contrôler la compensation
Pourquoi les droits SHY créent plus de confusion que de protection
Dès qu’un vol est lié d’une manière ou d’une autre à la Turquie, de nombreux passagers — et souvent les compagnies aériennes elles-mêmes — se réfèrent automatiquement aux droits des passagers SHY. Cela semble logique : Turkish Airlines, aéroports turcs, départ ou arrivée en Turquie.
En pratique, le règlement SHY est pourtant l’un des cadres juridiques les plus mal appliqués en matière de droits des passagers aériens. Une mauvaise qualification juridique est l’une des principales raisons pour lesquelles des demandes d’indemnisation parfaitement valables sont rejetées.
Cet article explique :
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ce que couvrent réellement les droits des passagers SHY,
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dans quels cas SHY ne s’applique pas du tout,
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les différences fondamentales entre SHY et le règlement européen EU261,
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quand le droit international – la Convention de Montréal (article 19) devient applicable,
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et les erreurs les plus fréquentes commises par les passagers sur les vols impliquant la Turquie.
Le choix du bon fondement juridique est crucial. Très souvent, se fonder sur le mauvais règlement entraîne un refus automatique, même lorsque les pertes subies sont réelles et documentées.
Que sont les droits des passagers SHY ?
Les droits des passagers SHY (souvent appelés SHY-PASSENGER) constituent le cadre national turc de protection des passagers aériens. Ils sont fréquemment présentés comme « l’équivalent turc du règlement EU261 », une comparaison qui est juridiquement trompeuse.
Le règlement SHY est :
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un dispositif juridique national,
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adopté par la Direction générale turque de l’aviation civile (DGCA),
-
avec un champ d’application territorial strictement limité.
Contrairement à EU261, SHY ne suit pas le passager, ne dépend pas de la nationalité de la compagnie aérienne et ne s’applique pas en fonction de la destination du vol.
Quand SHY s’applique — et quand il ne s’applique pas
SHY s’applique uniquement si :
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le vol décolle d’un aéroport situé en Turquie,
-
quelle que soit la nationalité de la compagnie,
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quelle que soit la nationalité du passager,
-
quelle que soit la destination finale.
C’est le seul critère déterminant.
SHY ne s’applique pas si :
-
le vol décolle en dehors de la Turquie, même si :
-
la compagnie est Turkish Airlines,
-
la destination est la Turquie,
-
le billet a été acheté en Turquie,
-
le passager est de nationalité turque.
-
Ce point est très souvent ignoré — parfois par méconnaissance, parfois volontairement.
Pourquoi les compagnies aériennes invoquent souvent SHY à tort
Face à des réclamations concernant des vols liés à la Turquie, les compagnies aériennes :
-
invoquent fréquemment les droits SHY,
-
affirment qu’« aucune indemnisation n’est due selon SHY »,
-
ou mentionnent des « circonstances extraordinaires » sans analyse juridique approfondie.
Pour les vols ne décollant pas de Turquie, cette position est juridiquement incorrecte, mais redoutablement efficace.
Pourquoi ? Parce que la majorité des passagers n’escaladent pas leur réclamation au-delà du service client.
Droits SHY vs EU261 : des différences fondamentales
Bien que souvent comparés, SHY et EU261 sont structurellement très différents.
EU261 :
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s’applique aux vols au départ de l’Union européenne,
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ainsi qu’aux vols à destination de l’UE opérés par une compagnie européenne,
-
prévoit des indemnisations forfaitaires de 250 à 600 EUR,
-
offre un cadre de protection fort et harmonisé.
Droits des passagers SHY :
-
s’appliquent uniquement aux vols au départ de la Turquie,
-
ne reprennent pas la logique d’indemnisation forfaitaire d’EU261,
-
disposent de mécanismes d’exécution plus faibles,
-
laissent en pratique une plus grande marge de manœuvre aux compagnies aériennes.
Point essentiel : EU261 a une portée extraterritoriale, SHY non.
Vols liés à la Turquie sans application d’EU261 ni de SHY
C’est dans ces situations que les passagers perdent le plus souvent des droits valables.
Exemples :
-
vol Turkish Airlines d’Asie, du Moyen-Orient ou d’Afrique vers la Turquie,
-
vol long-courrier Turkish Airlines au départ d’un pays hors UE et hors Turquie,
-
vol opéré par une compagnie non européenne entre pays tiers.
Dans ces cas :
-
EU261 ne s’applique généralement pas,
-
SHY ne s’applique pas,
-
mais les droits des passagers ne disparaissent pas.
Ils relèvent simplement d’un autre régime juridique.
Le droit international : la Convention de Montréal, article 19
Lorsque ni EU261 ni SHY ne s’appliquent, le droit international prend le relais.
La Convention de Montréal de 1999 régit le transport aérien international entre États signataires — dont la Turquie.
L’article 19 couvre :
-
les dommages causés par un retard,
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les pertes financières,
-
les correspondances manquées,
-
les frais supplémentaires engagés.
Contrairement à EU261 ou SHY :
-
il n’existe aucun montant d’indemnisation forfaitaire,
-
les dommages doivent être précisément prouvés,
-
le lien de causalité doit être clairement établi.
C’est précisément pour cette raison que les compagnies aériennes préfèrent orienter les passagers vers SHY : une réclamation correctement fondée sur la Convention de Montréal est beaucoup plus difficile à rejeter.
Erreurs fréquentes des passagers
Erreur n°1 : penser que SHY s’applique à cause de la nationalité de la compagnie
La nationalité de la compagnie aérienne est sans importance juridique.
Erreur n°2 : réclamer une indemnisation forfaitaire sous un mauvais régime
Sous la Convention de Montréal, ce type de demande est automatiquement rejeté.
Erreur n°3 : ignorer la juridiction et le droit applicable
Une mauvaise qualification juridique conduit souvent à un rejet sans examen au fond.
Erreur n°4 : accepter les « circonstances extraordinaires » comme absolues
Même sous la Convention de Montréal, la compagnie doit prouver qu’elle a pris toutes les mesures raisonnables.
Erreur n°5 : ne pas dépasser le service client
À ce niveau, les dossiers sont rarement réévalués juridiquement.
Pourquoi les réclamations « DIY » échouent souvent sur les vols liés à la Turquie
Les vols impliquant la Turquie sont juridiquement complexes car :
-
plusieurs régimes juridiques se chevauchent,
-
les compagnies sélectionnent celui qui leur est le plus favorable,
-
les passagers suivent des conseils en ligne trop simplifiés.
Conséquences :
-
des pertes légitimes restent non indemnisées,
-
les passagers reçoivent des réponses trompeuses,
-
les réclamations sont abandonnées trop tôt.
Ce n’est pas un hasard — ce système profite aux compagnies aériennes.
Conclusion : le problème n’est pas SHY, mais sa mauvaise application
Les droits des passagers SHY ne sont pas mauvais en soi.
Le véritable problème est leur application incorrecte.
Tout repose sur la qualification juridique correcte :
-
appliquer SHY là où il ne s’applique pas,
-
ignorer le droit international lorsqu’il est pertinent,
-
structurer une réclamation sur un mauvais fondement.
Pour les vols liés à la Turquie, le droit applicable est plus important que la compagnie, la destination ou le prix du billet.
Comprendre cette différence fait toute la différence entre un refus et une réclamation juridiquement fondée et défendable.
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