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Indemnisation des vols au Canada (APPR) : combien les compagnies aériennes doivent payer — et quand elles refusent

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Avant de prendre l'avion, les compagnies aériennes doivent vérifier que vous disposez des documents nécessaires pour votre destination.

Si ce n'est pas le cas, elles sont en droit de vous refuser l'embarquement et ne sont pas tenues de vous indemniser:

1. Passeport en cours de validité ou autre pièce d'identité acceptée
2. Visa en cours de validité
3. Preuve du billet de retour
4. Résultat négatif du test Covid-19
5. Formulaire de localisation des passagers

Comme vous êtes arrivé à destination avec un retard de moins de 3 heures, vous ne pouvez malheureusement pas prétendre à une indemnisation.

Étant donné que la compagnie aérienne vous a informé de l'annulation du vol 14 jours avant le départ, vous ne pouvez malheureusement pas prétendre à une indemnisation.

À ne remplir que si la compagnie aérienne n'a pas remboursé ces dépenses et que vous disposez de documents prouvant le paiement :

Nous aurons besoin de quelques détails sur les passagers:

Introduction : pourquoi l’APPR canadien est bien plus complexe qu’il n’y paraît

Les Règlements sur la protection des passagers aériens (APPR) du Canada sont souvent présentés comme un système clair et favorable aux passagers. En théorie, les règles semblent simples : en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement, la compagnie aérienne doit verser une indemnisation.

En pratique, l’APPR est l’un des régimes d’indemnisation les plus contestés et les plus restrictivement interprétés au monde.

Les compagnies aériennes opérant au Canada :

  • requalifient les perturbations afin d’éviter les paiements,

  • invoquent des « raisons de sécurité » ou des « contraintes opérationnelles » sans preuves,

  • dépassent volontairement les délais légaux de réponse,

  • ou rejettent les demandes en s’appuyant sur des interprétations étroites et sélectives du règlement.

Résultat : de nombreux passagers ont droit à une indemnisation légale — mais ne l’obtiennent pas sans une escalade appropriée.

Dans cet article, nous expliquons :

  • quels montants d’indemnisation l’APPR prévoit réellement,

  • dans quels cas les compagnies sont légalement tenues de payer,

  • et pourquoi tant de demandes valables sont rejetées.


Qu’est-ce que l’APPR et quels vols sont concernés ?

L’APPR s’applique :

  • à tous les vols au départ du Canada, ainsi qu’à

  • tous les vols à destination du Canada exploités par une compagnie aérienne canadienne.

Le montant de l’indemnisation dépend non pas du prix du billet ou de la classe de réservation, mais de la taille de la compagnie aérienne :

  • grandes compagnies aériennes (ex. Air Canada, WestJet) — indemnisation plus élevée,

  • petites compagnies aériennes — montants plus faibles, mais obligations toujours contraignantes.

Les règles s’appliquent aux vols intérieurs comme internationaux et sont indépendantes de la nationalité du passager.

Mais un point est essentiel : le simple fait que l’APPR s’applique ne garantit pas un paiement automatique.


Montants d’indemnisation selon l’APPR : ce que prévoit réellement la loi

Retards et annulations (sous le contrôle de la compagnie aérienne)

Pour les grandes compagnies aériennes, l’APPR prévoit :

  • 400 CAD — retard de 3 à 6 heures

  • 700 CAD — retard de 6 à 9 heures

  • 1 000 CAD — retard de 9 heures ou plus

Pour les petites compagnies aériennes :

  • 125 / 250 / 500 CAD.

Ces montants s’appliquent uniquement si :

  • la perturbation était sous le contrôle de la compagnie aérienne, et

  • n’était pas nécessaire pour des raisons de sécurité.

C’est précisément cette formulation qui constitue le cœur de la majorité des litiges.


La plus grande échappatoire de l’APPR : « nécessaire pour des raisons de sécurité »

L’APPR exonère les compagnies aériennes de toute indemnisation si la perturbation :

  • était hors de leur contrôle, ou

  • était sous leur contrôle mais jugée nécessaire pour des raisons de sécurité.

Cette catégorie est volontairement vague et largement exploitée.

Les compagnies invoquent fréquemment :

  • des « problèmes techniques imprévus »,

  • des « contrôles de sécurité supplémentaires »,

  • des « décisions opérationnelles liées à la sécurité »,

même lorsque :

  • le problème était prévisible,

  • la maintenance a été retardée,

  • un avion ou un équipage de remplacement était disponible,

  • ou que la panne est survenue plus tôt dans la rotation de l’appareil.

Dans de nombreux cas, la charge de la preuve incombe à la compagnie aérienne, mais les passagers n’ont pas accès aux documents techniques internes.


Refus d’embarquement et surréservation : quand une forte indemnisation est due

L’APPR couvre également le refus d’embarquement dû à la surréservation.

Lorsqu’un passager est refusé contre sa volonté pour des raisons relevant du contrôle de la compagnie aérienne, l’indemnisation peut atteindre :

  • 900 CAD — retard à l’arrivée de 0 à 6 heures

  • 1 800 CAD — retard à l’arrivée de 6 à 9 heures

  • 2 400 CAD — retard à l’arrivée de 9 heures ou plus

Il s’agit de l’un des niveaux d’indemnisation légale les plus élevés au monde.

Malgré cela, les compagnies tentent souvent de :

  • pousser les passagers à renoncer « volontairement » à leur place,

  • proposer des bons de voyage au lieu d’une indemnisation en espèces,

  • ou invoquer des raisons opérationnelles sans justification suffisante.

Accepter une offre inappropriée peut entraîner la perte du droit à une indemnisation financière.


Réacheminement, remboursement et obligation de prise en charge

Outre l’indemnisation financière, l’APPR impose aux compagnies aériennes une obligation de prise en charge, comprenant :

  • repas et boissons,

  • hébergement à l’hôtel en cas de retard avec nuitée,

  • transport entre l’aéroport et l’hôtel,

  • réacheminement ou remboursement en cas de perturbation importante.

Dans la pratique, ces prestations ne sont souvent pas proposées spontanément, et les coûts sont avancés par les passagers, qui rencontrent ensuite des refus lors du remboursement.

Les manquements à cette obligation peuvent renforcer une demande d’indemnisation, à condition d’être correctement documentés.


Pourquoi les compagnies aériennes rejettent des demandes APPR pourtant valables

Malgré des règles claires, de nombreuses demandes sont rejetées parce que :

  1. Il n’existe aucun mécanisme d’exécution automatique
    Les compagnies ne paient généralement que sous pression.

  2. Les passagers manquent de preuves techniques
    Les rapports de maintenance et documents internes ne sont pas accessibles.

  3. Les procédures devant l’Office des transports du Canada (CTA) sont longues
    Les délais peuvent atteindre des mois, voire des années.

  4. Les compagnies misent sur l’abandon des passagers
    Le silence et les retards sont des stratégies délibérées.

Ce n’est pas un hasard — c’est un modèle économique.


APPR et Convention de Montréal : un chevauchement décisif

Lorsqu’une indemnisation est refusée au titre de l’APPR, la Convention de Montréal (article 19) peut néanmoins s’appliquer, notamment en cas :

  • de retards internationaux importants,

  • de correspondances manquées,

  • de pertes financières démontrables.

Les compagnies aériennes mentionnent rarement cette possibilité, alors qu’elle peut s’appliquer indépendamment de l’APPR.

Les stratégies les plus efficaces reposent souvent sur l’application combinée des deux cadres juridiques.


Pourquoi les demandes APPR ne réussissent qu’avec une escalade professionnelle

Les dossiers APPR aboutissant favorablement présentent généralement :

  • une qualification juridique correcte de la perturbation,

  • une contestation ciblée des arguments de sécurité de la compagnie,

  • une chronologie précisément documentée,

  • une escalade au-delà du service client,

  • si nécessaire, une pression réglementaire ou juridique.

Il ne s’agit pas d’une procédure “do it yourself” — et les compagnies en sont parfaitement conscientes.


Conclusion : l’APPR est puissant — lorsqu’il est correctement appliqué

Sur le papier, l’APPR offre aux passagers des droits solides.
Dans la réalité, les compagnies exploitent les zones grises, les tactiques de retard et leur avantage informationnel pour éviter les paiements prévus par la loi.

Les passagers qui se fient aux formulaires standards et à la « bonne volonté » des compagnies reçoivent souvent des refus — même lorsque le droit est de leur côté.

Connaître ses droits est essentiel.
Les faire respecter efficacement est une tout autre affaire.

Indemnités de vol et demandes d'indemnisation

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